Gaston Morvan et Benjamin Schwartz (Région Bretagne-CMB Espoir) ont remporté dimanche matin à 7h12’27 la Course 2 Pays de Saint-Gilles Tourisme, deuxième étape de La Sardinha Cup. Forcément une satisfaction pour le binôme qui n’a pas ménagé sa peine pour s’offrir cette belle victoire.

Racontez-nous cette étape…
Gaston Morvan :
C’était long ! On savait que cette étape n’allait pas être facile. Le plan de base était de se dire qu’il fallait être opportuniste, on a vraiment eu des choses vraiment différentes de ce qu’on pensait avoir, avec une première partie le long du Portugal, puis un nouveau départ après le cap Finisterre, on s’est tous retrouvés sur un pied d’égalité, avec quasiment les 22 bateaux. Et là, on a repris un bon départ, on a réussi à se mettre vite dans le match, à être dans les bons coups aux bons endroits, à avoir une bonne vitesse, mais on savait que tout pouvait se perdre à quelques milles de l’arrivée et qu’il ne fallait pas y croire trop tôt. Il fallait continuer à construire et à ne pas lâcher, ce qu’on a fait hier, on s’est battus mètre par mètre, on changeait de voiles toutes les trois minutes parce qu’il fallait le faire, et cette nuit, on a remis de la bâche, on a attaqué sous gennaker, on était dans 40 nœuds avec toute la toile au maximum, on se demandait si ça allait tenir ou si tout allait péter, finalement, ça a tenu. On a poussé le curseur comme il fallait pour espérer l’emporter, mais jusqu’à la ligne, on ne savait pas ‘il y avait du monde qui était déjà arrivé, on a découvert au ponton qu’on avait gagné cette étape. Je suis content, c’est ma première victoire sur un offshore, Benjamin aussi, c’est toujours marquant de gagner sa première course offshore en Figaro.

Etiez-vous au contact d’autres bateaux lors de la dernière nuit ?
Benjamin Schwartz :
Oui, on était avec un petit groupe, avec Ageas-Team Baie de Saint-Brieuc, Skipper Macif un peu plus loin, on savait qu’on était à l’avant de cette flotte, on avait même réussi à creuser au cours des 24 dernières heures sur ce groupe, mais la grande question était de savoir où se situait l’autre partie de la flotte, on a vraiment joué notre trajectoire à fond, ça a vraiment bien payé.

Dans quel état physique terminez-vous cette étape ?
Gaston Morvan :
On est vraiment fatigués, on pensait arriver bien avant aujourd’hui, c’était interminable ! On était tout le temps dans pas de vent, jusqu’à cette nuit, où ça s’est carrément inversé, c’est passé de 0 à 40 nœuds en très peu de temps. Sinon, chaque mille était dur.
Benjamin Schwartz : Même cette nuit, quand on pensait être tirés d’affaire et être partis au portant, ça recassait, on repassait devant le système et on se retrouvait au près, jusqu’à ce qu’on touche le nord-nord-est pour finir.
Gaston Morvan : Mais bon, au moins, on ne s’est pas ennuyés, on savait qu’il faudrait tout le temps être observateur, se poser des questions, chercher à comprendre, ce n’était pas une étape avec déjà de l’écart au cap Finisterre et du tout droit ensuite. Là, c’était tout l’opposé, il y avait tout le temps du jeu.

Gaston, tu as disputé ta première course en Figaro Beneteau en 2019 sur La Sardinha Cup avec ton père Gildas, là, tu signes ta première victoire, c’est une course marquante pour toi ?
Gaston Morvan :
Oui, c’est la course des premières, j’espère que dans deux ans, je gagnerai le général ! Je suis content, parce qu’on avait un peu manqué la fin de notre première étape, on avait été déçus parce qu’on était dans le groupe pour jouer le podium, on était un peu revanchards en partant, on voulait montrer qu’on était capables de faire de belles choses, on a su le faire et rebondir après cet échec. On a été bien complémentaires sur cette course, on a essayé de cumuler nos façons de faire car on a deux profils assez différents. On n’avait pas beaucoup navigué ensemble avant, mais on se connaissait déjà un peu, on savait qu’humainement, ça se passerait bien, ce qui a été le cas. Pourtant, il y avait de quoi se prendre la tête et se tirer les cheveux, avec des rebondissements sur rebondissements, des nuages, des orages, des éclairs, il fallait garder son sang-froid et gérer son sommeil pour garder de l’énergie pour la fin de course. C’est ce qui nous a permis, toute la dernière nuit, d’être à fond sur la marche du bateau, de bien faire les manœuvres.

Humainement, qu’as-tu appris, Benjamin, sur Gaston ?
Benjamin Schwartz :
Je savais qu’il était relativement linéaire, je pense que c’est une force en course au large de savoir gérer ses émotions, hautes et basses, plutôt que de faire le yoyo, ça permet de garder la tête froide et de se concentrer sur sa course, je pense que de ce côté-là, il est vraiment au point. Il a toujours le sourire, un bon état d’esprit, c’était super de faire cette régate ensemble.