Partis mardi de Figueira da Foz pour la Course 2 Pays de Saint-Gilles Tourisme, seconde étape de La Sardinha Cup, les 22 duos poursuivent leur remontée de la péninsule ibérique vers le Cap Finisterre. A ce jeu-là, les « cadors » du circuit Figaro Beneteau sont aux avant-postes, la flotte étant emmenée mercredi en fin d’après-midi par Tom Laperche et Morgan Lagravière (Région Bretagne-CMB Performance). Une flotte qui aura particulièrement apprécié son escale portugaise…

Le point course du jour : Cap Finisterre en vue !

Après plus de 24 heures de course, c’est à une remontée du Portugal plutôt rapide qu’ont eu droit les 22 duos partis mardi à 13h34 de Figueira da Foz. « Ils n’ont pas eu beaucoup de vent la première nuit, mais ça a repris ce matin et ils ont plutôt bien avancé une bonne partie de la journée, avec de bonnes moyennes au près dans du vent de nord-nord-ouest. Ils ont ensuite été freinés dans une transition, avant de reprendre de la vitesse, semble-t-il sous spi, ils ont sans doute touché plus tôt que prévu le vent de sud-sud-est qui était attendu », explique le directeur de course Guillaume Rottée.

Qui note au passage que l’option au large tentée par le duo Charlotte Yven/Pierre Daniellot (Team Vendée Formation-Botte Fondations) et les frères Yannig et Erwan Livory (Interaction) « n’a pas payé du tout. » Au jeu de la vitesse et du bord rapprochant, on trouve logiquement aux avant-postes les favoris de cette Sardinha Cup, avec un trio de tête composé mercredi à 18h de Région Bretagne-CMB Performance (Tom Laperche/Morgan Lagravière), d’Amarris-Primeo Energie (Achille Nebout/Pierre Quiroga) et de Skipper Macif (Erwan Le Draoulec/Loïs Berrehar), mais également un premier bizuth, Edenred (Basile Bourgnon/Brieuc Lebec), auteur d’un très bon début de course (cinquième).

La suite du programme semble assez simple jusqu’au Cap Finisterre, avant une traversée du Golfe de Gascogne qui s’annonce, elle, bien plus complexe : « Tout est un peu brouillon, on voit que se forme en plein milieu du Golfe ce qu’on appelle un petit col barométrique, à savoir un carrefour entre deux dépressions et deux anticyclones, avec un gradient faible, donc peu de vent, qui tourne en plus dans tous les sens, analyse Guillaume Rottée. Donc entre jeudi après-midi et vendredi, ils devraient vivre 24 heures compliquées pour les nerfs. Ensuite, les modèles américain et européen sont assez raccord pour dire que ça devrait se finir dans du secteur sud d’une petite quinzaine de nœuds, donc au portant, voire au reaching. » Pour une arrivée prévue quand ? « Samedi soir un peu avant minuit », répond le directeur de course, avec toutes les précautions d’usage.

Le Mag de La Sardinha : Obrigado Figueira da Foz !

Après deux tentatives infructueuses pour cause de Figaro Beneteau 3 trop « jeunes » en 2019, de la crise sanitaire en 2021, La Sardinha Cup a enfin posé ses valises au Portugal. Et de l’avis de tous, cette escale de quatre jours aura été une réussite. Notamment parce que les hôtes portugais – du club nautique de Figueira da Foz, dirigé par Antonio Miguel Mendes, aux autorités municipales, l’affable maire Pedro Santana Lopes en tête, en passant par l’indispensable Rodrigo Moreira Rato, cheville ouvrière de l’organisation sur place, ont mis les petits plats dans les grands pour accueillir skippers, organisateurs, l’équipe de la Fédération française de voile et la représentante de la classe Figaro Beneteau. En plus de se voir convier samedi soir à la Fête de la Sardine, ceux-ci ont eu le droit à une remise des prix dimanche soir dans le cadre enchanteur des jardins de la Quinta das Oialas, belle demeure locale restaurée par la municipalité, avant de se voir proposer lundi une visite de la ville et un ultime pot d’au revoir sur le quai surplombant la Marina.

« L’accueil a vraiment été génial, la ville et le club se sont pliés en quatre pour nous, ça s’est ressenti sur l’ambiance », confirme le directeur de course, Guillaume Rottée. « Nous nous savions attendus, mais l’accueil a été au-delà de nos espérances. La convivialité portugaise n’est pas qu’une légende, tout était réuni à Figueira da Foz pour que cette première se transforme en un souvenir inoubliable, aussi bien en mer qu’à terre », ajoute Estelle Graveleau, directrice du Team Vendée Formation, qui organise La Sardinha Cup.  

Même plébiscite du côté des marins : « Nous avons vraiment été bien accueillis, c’était sympa de découvrir un nouvel environnement et de savourer la culture culinaire portugaise », confirme Morgan Lagravière. Pour garder la forme, ce dernier, avec Tom Laperche, Corentin Horeau, Julien Villion et d’autres, a disputé quelques parties endiablées de padel, Maël Garnier et Pierre Leboucher ont opté pour un footing de 15 kilomètres en montagne, Loïs Berrehar pour une session de surf lundi. Beaucoup se sont également retrouvés samedi pour une « pool party » très appréciée dans la maison louée par Nils Palmieri, puis le soir, dans les nombreux bars du centre-ville, bondé pour la Fête de la Sardine.

« On a été quatre jours dans une petite bulle avec les skippers et l’organisation, c’est sympa de passer des moments ensemble, ça change des ambiances de départs où tout le monde est en général assez stressé », apprécie le bizuth Victor Le Pape. « On est tous contents de s’expatrier, de voir autre chose et de sortir de notre zone de confort, ce qui donne une très bonne ambiance, légère », ajoute Philippe Hartz. Qui a même profité de son aller-retour lundi à Porto, où il est allé chercher les voiles envoyées pour réparations dans une voilerie locale, pour découvrir la deuxième ville du Portugal avec sa compagne.

Achille Nebout a quant à lui visité Coimbra, ancienne capitale du pays, avec ses parents. « C’était sympa de faire un peu de tourisme, de découvrir un nouvel endroit. On apprécie vraiment cette escale à l’étranger, c’est beaucoup plus convivial que ce que l’on a l’habitude de vivre, ça change complètement l’ambiance au sein de la flotte. » Robin Follin ne dit pas autre chose : « En général, on va dans des endroits que l’on connaît, où on peut avoir des habitudes, ce qui fait qu’on ne se retrouve pas forcément tous ensemble. Là, c’est différent. Et le fait que la course soit en double génère moins de fatigue et de stress entre les deux étapes, tout le monde est de bonne humeur, on passe du temps avec les skippers, les préparateurs et l’organisation, c’est vraiment à refaire ! »

Ça tombe bien, puisque tant du côté portugais que de celui des organisateurs du Team Vendée Formation, la volonté a été affirmée pendant ces quatre jours de se retrouver en juin 2024…