Le départ de la Course 2 Pays de Saint-Gilles Tourisme, seconde étape de La Sardinha Cup, a été donné mardi à 13h34 (12h34, heure locale) à Figueira da Foz. Entre prétendants au podium final en Vendée et ceux qui sont là dans un objectif de progression, les attentes des 22 duos diffèrent sur ces 560 milles qui s’annoncent bien compliqués.

La brume tombée mardi matin sur Figueira da Foz a eu le bon goût de se lever sur les coups de midi (13h en France) lorsque le comité de course a lancé la procédure de départ de la Course 2 Pays de Saint-Gilles Tourisme. Comme au large de Saint-Hilaire-de-Riez huit jours plus tôt, la flotte, partie trop tôt, en a été quitte pour un rappel général et donc pour une nouvelle procédure. C’est finalement à 12h34 (13h34 en France) que les 22 duos se sont élancés dans une légère brise d’ouest de 8 nœuds, cap au nord, d’abord sous spi, ensuite au près, puisque le vent va peu à peu s’orienter au nord le long des côtes portugaises.

Au moment de quitter le ponton, si tous s’attendaient à une étape longue et compliquée, en raison d’une situation météo incertaine car orageuse, les objectifs sportifs différaient, liés notamment aux résultats de l’étape initiale. Vainqueur entre le Pays de Saint-Gilles et le Portugal, Maël Garnier, associé à Pierre Leboucher sur Ageas-Team Baie de Saint-Brieuc, confiait ainsi : « On a forcément envie de jouer quelque chose au général, mais chaque étape est tellement différente qu’on se dit plutôt qu’on repart de zéro. On va s’attacher à faire notre route, un peu comme à l’aller, sans trop se soucier du classement de la première étape. »

2e à Figueira da Foz, Pierre Quiroga, co-skipper d’Achille Nebout sur Amarris-Primeo Energie, estimait quant à lui : « Avant le départ de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, j’avais dit qu’on était un quart de la flotte à pouvoir gagner La Sardinha Cup, c’était déjà beaucoup et ça reste le cas. » Parmi ces vainqueurs potentiels, Tom Laperche (Région Bretagne-CMB Performance, avec Morgan Lagravière), qui a remporté les deux premières épreuves de la saison du Championnat de France Elite de Course au large (Solo Maître CoQ et Le Havre All Mer Cup) et s’est classé 5e de la première étape. « Ça reste une bonne place en Figaro ; après, c’est sûr que j’ai déjà gagné des courses cette saison, donc j’ai forcément envie d’en gagner d’autres, mais ce n’est jamais facile d’être tout le temps devant sur ce circuit. »

Loïs Berrehar, parvenu vendredi dernier avec Erwan Le Draoulec (Skipper Macif) à souffler in extremis la 3e place au duo Guillaume Pirouelle/Robin Follin (Région Normandie), tenait un discours proche : « Mon objectif cette saison, c’est le podium sur toutes les épreuves du Championnat de France, dont fait partie La Sardinha Cup. Après, je sais bien que le circuit Figaro Beneteau est tellement relevé que ça se joue parfois à une place ou deux, on en a eu la preuve ici à l’arrivée de la première étape. »

Entre ambition et lucidité

Une étape que les copains de La Trinité-sur-Mer, Corentin Horeau et Julien Villion (Mutuelle Bleue), ont menée un bon moment pour finalement terminer 15e, d’où une grosse soif de revanche chez le premier, qui a fêté lundi ses 33 ans au Portugal : « On reste sur une mauvaise note, on a joué, on a perdu, ça remet les idées en place, mais on a envie de se venger. » Envie de faire mieux également chez Alexis Loison, co-skipper d’Elodie Bonafous sur Quéguiner-La Vie en Rose (7e de la première étape) – « Je serais content de remonter dans le Top 5 » – ou chez Alan Roberts, 8e avec Tom Dolan sur Smurfit Kappa-Kingspan : « L’objectif, c’est clairement de gagner, on a montré à l’aller qu’on en était capables, on a fait deux cadeaux à nos adversaires, on veut éviter ça au retour. »

9e à Figueira da Foz avec Swann Hayewski, Alexis Thomas (La Charente Maritime) visait quant à lui un résultat proche : « On est contents de notre première étape, on a réussi dès le début à être dans le paquet de tête, on a su jouer sans faire d’options totalement farfelues, en attendant notre tour. L’objectif est de continuer à décrocher des places avec un chiffre et non pas un nombre, voire d’en gagner quelques-unes. »

Cet objectif de progression au classement était aussi celui de Brieuc Lebec, 12e de l’étape initiale avec Basile Bourgnon (Edenred) et surtout premier équipage bizuth : « On a envie de garder notre place au classement des bizuths, mais aussi d’accrocher le wagon des bons, derrière lesquels on a un peu couru lors de la première étape, on veut essayer d’être davantage dans le match. » Egalement novice sur La Sardinha Cup, Pierre Grenié, associé à Valentin Dantec (Prisme Ocean, 21e au Portugal), misait quant à lui sur cette étape retour pour mieux se jauger face à la concurrence : « Si on sent des coups, on ira, mais on veut essayer d’être un peu plus sages que sur la première étape pour rester plus longtemps au contact des petits copains et avoir ainsi de vrais comparatifs sur notre vitesse et sur nos réglages. »

Enfin Philippe Hartz (Marine Nationale-Fondation de la Mer, 17e avec Eric Delamare) balançait entre ambition et lucidité : « Vu le plateau, il ne faut pas être trop prétentieux, on n’est pas forcément les favoris sur la feuille de match, notre place est plutôt dans la meute, mais ça ne veut pas dire qu’on n’a pas les armes pour venir taquiner la tête de flotte. » Joignant les gestes à la parole, l’ancien commando marine a franchi la bouée de dégagement, unique marque de parcours de cette Course 2 Pays de Saint-Gilles Tourisme, en deuxième position derrière Mutuelle Bleue, auteur, comme à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, du meilleur départ.