Arrivés en tête de la Course 1 Pays de Saint-Gilles Tourisme, première étape de La Sardinha Cup, Maël Garnier et Pierre Leboucher (Ageas-Team Baie de Saint-Briec) ont confié leur bonheur.

Quand avez-vous compris que vous aviez gagné cette étape ?
Maël Garnier :
« Ce n’est qu’en passant la ligne que nous avons compris que nous étions premiers, on s’en doutait depuis le Cap Finisterre, mais on n’en était pas sûrs, parce que les flottes se sont recroisées entre ceux qui étaient partis au nord et les autres à la côte. On ne savait pas si le paquet allait nous passer et où Nils (Palmieri avec Julien Villion sur Teamwork) et Achille (Nebout avec Pierre Quiroga sur Amarris-Primeo Energie) se situaient. On a eu des petits doutes, après, on était déjà contents d’être dans le bon paquet et d’être devant pour attaquer dans le sud dans les alizés portugais.

Où s’est jouée cette victoire ?
Pierre Leboucher :
« Jusqu’à la ligne d’arrivée, parce qu’on s’est battus toute la nuit pour faire avancer le canot, les gens derrière ne se laissaient pas faire, mais une grosse partie s’est jouée sur l’option d’aller chercher la brise de nuit le long de la côte nord-espagnole. On a été jouer cette option, on a été plusieurs à le faire, certains s’en sont sortis, d’autres pas, cette partie était assez compliquée, parce qu’on ne savait plus où étaient les autres. D’habitude, le matin, on a des pointages, donc on sait la distance au but, ça donne un peu une idée, là, on n’avait aucune idée, on avait juste un doute sur Bretagne-CMB Performance, on ne savait pas s’il était devant ou pas. »

Comment avez-vous ce choix déterminant ?
Maël Garnier :
« Ça s’est fait avant d’arriver sur la côte espagnole, on voulait protéger cette option, dans le doute, on voulait se positionner entre la terre et le paquet, c’est ce qu’on a fait. Au début, c’était un peu dur à accepter parce qu’on voyait qu’au large, ils gagnaient beaucoup, mais on s’est fait confiance, et la nuit, on a vraiment été chercher le truc, on s’est dit qu’il fallait y aller. Je pense qu’il fallait se faire confiance et ne pas être entre deux chaises. »

Etait-ce une étape dure ?
Maël Garnier : « Ah oui ! Surtout la dernière nuit, pour barrer, c’était compliqué, Pierre a bien géré, il y avait beaucoup d’air. Et les deux jours de près au départ, ça n’aide pas non plus pour manger, s’hydrater, dormir, mais je pense qu’on a quand même un peu géré, parce que la dernière nuit, on n’a pas dormi, et au final, on est debout, donc ça va ! »

Tu disais avant le départ que tu voulais faire « une vraie saison » après avoir découvert le circuit Figaro Beneteau, avec cette victoire d’étape, l’objectif est atteint ?
Maël Garnier : « Oui, c’est vrai, en plus, l’apprentissage avec Pierre se passe super bien, à bord, il y a une bonne ambiance, l’énergie est bonne, il me tire vraiment vers le haut, il me pousse à être plus dynamique, à ne rien lâcher, parce qu’on le voit, chaque mètre compte, à être au moins aussi bon que lui quand il faut barrer et faire de la météo, avec toujours avec la même rigueur. C’est vraiment un travail à deux, ça progresse. »

Pierre, le duo fonctionne bien ?
Pierre Leboucher :
« Oui, c’est chouette, Maël a plein de choses à apprendre et il apprend assez vite, c’est intéressant. »

Tu as terminé la saison précédente en remportant la dernière étape de la Solitaire du Figaro, là, tu t’imposes sur cette étape, tu ne perds pas la main en Figaro ?
Pierre Leboucher : « C’est chouette, d’autant qu’il y a tout le monde sur cette course, de sacrés duos qui sont tous assez performants, c’était super intéressant. »