Trois jours de mer sur la Course 1 Pays de Saint-Gilles Tourisme et cette première étape de La Sardinha Cup est en train de se décanter avec un trio qui s’est détaché au Cap Finisterre, composé de Teamwork (Nils Palmieri/Pierre Le Roy), Amarris-Primeo Energie (Achille Nebout/Pierre Quiroga) et Ageas-Team Baie de Saint-Brieuc (Maël Garnier/Pierre Leboucher). Arrivée prévue vendredi matin ou à la mi-journée au Portugal, où nombre de marins ont quelques souvenirs…

Le point course du jour : le risque a payé

Principal obstacle stratégique de la Course 1 Pays de Saint-Gilles Tourisme, la dorsale anticyclonique qui s’est mise jeudi en travers de la route des 22 Figaro Beneteau 3, au nord de l’Espagne, a redistribué les cartes. Avec deux options, une, plus sage, éloignée des côtes, suivie par une grande partie de la flotte, et une, plus risquée, au plus près de la Galice, adoptée par quelques francs-tireurs, comme Ageas-Team Baie de Saint-Brieuc (Maël Garnier/Pierre Leboucher).

Une prise de risque payante, selon le directeur de course de La Sardinha Cup, Guillaume Rottée : « Ceux qui ont tiré un peu plus à la terre, quitte à parfois flirter avec les cailloux, sont désormais devant, mais aussi, ceux qui, comme Teamwork et Amarris-Primeo Energie, ont su à un moment se démarquer du peloton pour faire une route plus sud. On voit souvent ces dernières années sur les longues étapes de Figaro que les audacieux sont récompensés, on en a eu la confirmation sur ces dernières 24 heures. »

Après trois jours de mer et au moment de passer le Cap Finisterre, ils sont donc trois à s’être détachés, Teamwork (Nils Palmieri/Pierre Le Roy), Amarris-Primeo Energie (Achille Nebout/Pierre Quiroga) et Ageas-Team Baie de Saint-Brieuc, avec environ 5 milles d’avance sur un peloton emmené par Région Normandie (Guillaume Pirouelle/Robin Follin), au moment où l’alizé portugais, de nord-nord-ouest, est en train de rentrer. Place désormais à un bord de portant dans du vent fort (environ 25 nœuds), sous spi, de 170 milles, qui s’apparentera à une vraie course de vitesse, avec toutefois quelques empannages à caler, potentiellement périlleux dans la brise, les premiers étant attendus à Figueira da Foz vendredi matin.

Mag de la Sardinha : Souvenirs, souvenirs…

Les 22 duos de La Sardinha Cup sont attendus vendredi à Figueira da Foz, station balnéaire prisée des Portugais située entre Porto, au nord, et Lisbonne, au sud. Si la destination est inédite pour une course du circuit Figaro Beneteau, nombre de marins gardent des souvenirs marquants de passage au Portugal. Pas forcément en s’y arrêtant d’ailleurs : « Pour moi, le Portugal, ça évoque les transats, le paysage est magique lorsqu’on longe les côtes. A chaque fois, je me suis dit qu’il fallait que je vienne passer du temps dans ces coins pour les explorer côté terre, ça donne envie de cavaler dans ces montagnes », note ainsi Pierre Leboucher (Ageas-Team Baie de Saint-Brieuc) qui profitera peut-être de l’escale pour découvrir le paysage de plus près.

Pour Robin Marais (Alva Yachts), le Portugal est synonyme, entre autres, de la Mini Transat 2013, marquante pour tous ceux qui y ont participé : « L’édition avait été assez particulière. On avait dû s’arrêter à Sada, en Espagne, et quand on était repartis, on avait pris un très gros coup de vent le long du Portugal, c’était vraiment sport avec nos petits bateaux. Je me souviens que la première nuit, ça avait été un peu l’hécatombe, Ian Lipinski s’était retourné à côté de moi, Sébastien Picault était en vrac… »

Souvenir plus agréable pour Morgan Lagravière (Région Bretagne-CMB Performance), avec déjà un lien entre Vendée et Portugal : « Quand j’étais skipper du Team Vendée, on avait réussi à mettre en place une session d’entraînement en hiver au Portugal, du côté de Cascais, avec Francisco Lobato (marin portugais). On avait passé un hiver dans des conditions exceptionnelles, j’en garde vraiment un super souvenir. »

Les plus anciens de la flotte se rappellent quant à eux « d’une super étape de la Solitaire du Figaro à Porto » (en 2013), comme le soulignent Corentin Horeau (Mutuelle Bleue) et Alexis Loison (Quéguiner-La Vie en Rose). « Je n’ai pas eu la chance d’y retourner depuis, mais on est toujours bien accueillis au Portugal, on mange bien, l’ambiance est top, je suis donc très content d’y aller et pourquoi pas y revenir pour les vacances plus tard ? », ajoute le premier.

L’ancien commando Marine Philippe Hartz (Marine Nationale-Fondation de la Mer) retient lui aussi la chaleur de l’accueil local : « Je suis allé une fois au Portugal pour voir des copains à Cascais sur une Semaine olympique avant une mission, j’en avais profité pour aller surfer, j’ai un super souvenir de l’accueil très sympathique des Portugais. Je suis hyper content d’y retourner et de sortir de nos côtes. Si on fait des bateaux de course au large, c’est justement pour aller au large et dans des destinations un peu exotiques ! »

Parmi les 44 marins inscrits sur La Sardinha Cup, le plus jeune (20 ans), Basile Bourgnon (Edenred), est assuré de recevoir un accueil chaleureux : « Mon frère habite à Lisbonne, donc il sera là à Figueira da Foz, ça va presque être une arrivée à domicile ! »