Le départ de la Course 1 Pays de Saint-Gilles Tourisme, première étape de La Sardinha Cup longue de 565 milles, a été donné lundi à 16h39 dans une brise de sud-ouest d’une dizaine de nœuds. Au programme des 22 duos engagés, trois jours de près, une zone sans vent au cap Finisterre, avant, espèrent-ils, un ultime de bord de portant libérateur jusqu’à Figueira da Foz, au Portugal, où la flotte est attendue vendredi.

Au lendemain de la Vendée Pro Am, course exhibition disputée sous un radieux soleil, c’est sous un ciel plus chargé, accompagné de pluies éparses, qu’a été donné lundi le départ de la Course 1 Pays de Saint-Gilles Tourisme, première étape de La Sardinha Cup 2022. Trop pressés d’en découdre, les 22 tandems ont eu le droit à un rappel général, le comité de course a ensuite dû changer la position de la ligne en raison d’une bascule de vent et c’est finalement à 16h39 qu’ils se sont élancés vers la bouée de dégagement « Ville de Saint-Hilaire-de-Riez ». Une marque de passage franchie en tête par Corentin Horeau et Julien Villion (Mutuelle Bleue) devant les duos Tom Dolan/Alan Roberts (Smurfit Kappa-Kingspan) et Maël Garnier/Pierre Leboucher (Ageas-Team Baie de Saint-Brieuc), la flotte ayant ensuite mis le cap sur l’île d’Yeu, à laisser à bâbord, puis vers le large.

Le programme de cette étape de 565 milles à destination de Figueira da Foz, station balnéaire située à 200 kilomètres au nord de Lisbonne ? Alliant le geste à la parole, Pierre Leboucher résume : « On va vivre penchés pendant trois jours, puis on va pencher de gauche à droite quand il n’y aura plus de vent au niveau du cap Finisterre, et à la fin, ça devrait être sympa dans l’alizé portugais. » Confirmation du la part du vainqueur de la Vendée Pro Am, Pierre Quiroga, qui accompagne Achille Nebout (Amarris-Primeo Energie) sur cette Sardinha Cup : « On aurait pu imaginer une belle descente vers le Portugal, mais non, ce sera du près, avec une succession de fronts qui nous attend, j’en ai compté quatre, je ne crois pas en avoir jamais eu autant sur une même traversée du golfe de Gascogne ! Mais qui dit près dit jeu plus ouvert. Il faudra à la fois être rapides et malins pour s’en sortir. »

Alexis Loison, deuxième de cette même Vendée Pro Am et co-skipper d’Elodie Bonafous sur Quéguiner-La Vie en Rose, ajoute : « On ne va pas voir beaucoup les spis sur cette étape, peut-être à la fin, on s’attend à beaucoup de près avec pas mal d’enchaînements de fronts, ça sera assez stratégique. Il va falloir en permanence anticiper le coup suivant, savoir à quel moment virer pour anticiper les meilleures bascules, on va forcément créer du latéral, c’est assez possible qu’on perde des bateaux de vue. »

Ce qui a parfois tendance à désarçonner les purs spécialistes du Figaro Beneteau, habitués à la régate au contact et à se suivre à l’AIS (radar), d’autant que sur La Sardinha Cup, en plus de ne pas pouvoir charger de fichiers météo, ils ne reçoivent pas les positions de leurs concurrents. Autant dire que certains pourraient avoir de mauvaises (ou bonnes) surprises au Cap Finisterre, où la flotte s’attend à être ralentie dans une zone sans vent. « Il y a une dorsale anticyclonique au cap Finisterre qui risque de créer pas mal de désordre, poursuit Pierre Quiroga. En rigolant ce matin avec Achille, on parlait même de mouiller au cap Finisterre, ce serait une première ! Habituellement au cap Finisterre, on a plutôt 4 mètres de vagues et 30-35 nœuds de vent. Comme ça, on pourra savourer le paysage tranquillement et se reposer des trois jours précédents qui auront été durs. »

« Ce qui va être important, c’est le dernier vent, celui que nous irons attraper au portant pour la dernière journée après le cap Finisterre, c’est là qu’il faudra être en tête », poursuit Erwan Le Draoulec, associé à Loïs Berrehar à bord de Skipper Macif. Autant dire qu’il faudra garder de la lucidité pour négocier au mieux cet ultime bord sous spi et l’atterrissage à Figueira da Foz, redouté par certains, à l’instar de Tom Dolan (Smurfit Kappa-Kingspan) : « On sait par expérience que les arrivées au Portugal peuvent être très scabreuses. On ne cite plus le nombre d’exemples où le match a complètement été relancé dans les cinq derniers milles. On n’est clairement pas à l’abri de voir tout le monde arriver en même temps, sous le même nuage. Il faudra donc avoir réussi à garder un peu de fraîcheur pour la fin, même si la course, de manière globale, promet d’être très intense. »

Bref, une vraie belle étape de Sardinha Cup, dans la lignée des précédentes éditions, qui récompensera les tandems les plus complets et promet à tous un accueil portugais à la hauteur de leur engagement pendant ces quatre jours de mer. « On est contents d’avoir cette carotte de l’escale au Portugal et cet objectif géographique à atteindre, ça va nous motiver pour y arriver le plus vite possible, d’autant plus avec les conditions pas faciles qu’on va rencontrer », conclut Morgan Lagravière, vainqueur de la Sardinha Cup l’année dernière.